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COMMENT LE «CAPITAINE» ZOUMBAK PRÉPARE L’ARRIVÉE DE CITRANS

COMMENT LE «CAPITAINE» ZOUMBAK PRÉPARE L’ARRIVÉE DE CITRANS

Dans ses bureaux d’Abidjan-Plateau, Zoumana Bakayoko n’a pas le temps de souffler. D’une audience avec des investisseurs à une autre, de réunions de travail en visites de terrain, l’ingénieur informaticien P-Dg du groupe Conad dont fait partie la toute nouvelle Compagnie ivoirienne de transport lagunaire peaufine les derniers réglages avant de lancer cette nouvelle activité

Dans ses bureaux d’Abidjan-Plateau, Zoumana Bakayoko n’a pas le temps de souffler. D’une audience avec des investisseurs à une autre, de réunions de travail en visites de terrain, l’ingénieur informaticien P-Dg du groupe Conad dont fait partie la toute nouvelle Compagnie ivoirienne de transport lagunaire peaufine les derniers réglages avant de lancer cette nouvelle activité fort attendue. Son objectif : transporter 60 000 passagers par jour, pour commencer, avec une flotte de départ de neuf catamarans. M. Le Président-Directeur général, pouvez-vous nous présenter la nouvelle société de votre groupe dédiée au transport lagunaire, Citrans ? Je vous remercie de vous intéresser à nos activités. Citrans, c’est la Compagnie ivoirienne de transport lagunaire. Cette société fait partie du groupe Conad qui est déjà dans l’agro-industrie à travers les sociétés d’engrais. Comme vous l’avez noté, nos sociétés sont dans des secteurs où, il y a un grand besoin au niveau des populations. Ce sont des secteurs qui ont un grand impact social. Les engrais concernent les producteurs et leur productivité agricole. En Côte d’Ivoire, nous sommes 1er dans beaucoup de productions notamment le cacao, l’anacarde, et bien d’autres, mais si vous regardez au niveau de la productivité agricole, nous ne sommes pas au niveau des productions marocaines, par exemple. Là où, ils sont à 6, on est à 3 à peu près. Le challenge actuel, sur les mêmes terres agricoles, c’est d’améliorer la productivité. C’est à cela que nous contribuons, avec la mise à la disposition des producteurs de l’engrais. Aujourd’hui, nous sommes très spécialisés dans l’engrais concernant le coton, dans les engrais pour le cacao, pour le palmier… à travers notre société Agro West Industrie qui a aussi des projets de transformation de l’anacarde. S’agissant de la production d’engrais sur place, nous sommes l’un des premiers sur la place. C’est dans la même veine, que nous avons décidé de nous concentrer dans le domaine des transports. Il est de notoriété publique qu’il y a des problèmes de transport des populations avec les embouteillages aux heures de pointe. Le gouvernement lui-même a posé le problème. A cause de la crise que le pays a connue, on n’a pas pu investir dans le secteur des transports, ce qui fait qu’on est confronté à un problème de congestion dans le district d’Abidjan. C’est fort de ce tableau, et après une analyse minutieuse, que nous avons décidé de nous attaquer à ce problème. Nous avons décidé, après une étude, de faire une offre technique à l’Etat ivoirien. Cela a abouti à un Partenariat Public-privé (PPP) que nous avons finalisé en 2015. Après la finalisation de ce partenariat, où en êtes-vous aujourd’hui s’agissant de la concrétisation du projet? Cela se passe bien. Certains se demandent pourquoi nous ne démarrons pas l’implémentation de notre projet. Nous avons expliqué au gouvernement que nous voulions mettre en oeuvre le projet sous ses trois dimensions qui sont très liées. C’est d’abord la proximité des gares par rapport aux populations. Amener un usager à faire deux correspondances au niveau d’une commune, cela ne le favorise pas, ni économiquement ni sur le plan de son trajet. Il faut donc construire des gares : Plateau, Abobodoumé, Abata, Bingerville, au port d’Abidjan, à Songon, Marcory…mais avec un phasage. C’est à ce niveau que nous avons eu des difficultés. Le gouvernement, les maires… ont dû intervenir. Il y avait de la résistance à libérer les sites. Ces emplacements sont indiqués dans le plan du grand Abidjan qui nous a été transmis. Il était donc question que le gouvernement nous mette ces espaces à disposition. Les riverains se sont plaints et se sont opposés à la libération de ces sites. Avec les maires, nous avons mené des négociations, nous avons apporté des soutiens à des chefferies. Cela a abouti à la signature d’un protocole à Abobodoumé. Au Plateau, nous nous sommes mis d’accord sur le protocole qui doit nous être remis aujourd’hui (l’interview a été réalisée le 26 avril, Ndlr). Au niveau du Port, on est d’accord sur l’essentiel. A Abata, on a également signé le protocole. Même si c’est le gouvernement qui nous a attribué ces sites, nous ne voulions pas entrer en conflit. Mais pendant que se déroulaient les négociations, nous en avons profité pour faire faire la préfabrication des quais en Turquie, de sorte que tout est rentré dans l’ordre ; le constructeur va préparer les sites et d’ici quelques temps, nous allons recevoir les préfabrications et faire le montage. Cela va nous permettre de gagner du temps et d’avancer rapidement. Voilà ce qui nous a retardés. Après le volet gare, il y a le volet bateau où nous avons vraiment avancé. Toutefois, nous avons dû ralentir l’arrivée des bateaux, puisque la question des quais dans les gares n’était pas réglée. Les deux bateaux que nous avons réceptionnés, nous sommes obligés de les parquer à l’académie de la mer. Et troisièmement, c’est tout ce qui concerne la billettique, la géolocalisation, les départs et arrivées. L’offre était faite dans ces trois dimensions de façon intégrale et intégrée. Comme ça coinçait au niveau des gares, il fallait attendre pour être plus complet. Maintenant qu’il y a 5 gares libérées, cela va nous permettre d’avancer. Peut-on avoir les caractéristiques de vos bateaux ? Les fonds de notre lagune ne sont pas importants donc, on a fait des catamarans. Ce sont des bateaux flottants qui sont basés sur un système qui permet d’avoir un tirant d’eau très faible. L’essentiel du bateau ne se trouve pas dans l’eau. Cela nous permet de régler le problème des fonds. Si on se permet d’aller à 1,5 m de profondeur, on a des risques. Nous avons des bateaux qui ont 0,85 m de tirant d’eau, c’est un avantage. Pour assurer la stabilité, nous avons tablé sur des bateaux de 8 mètres de large. Avec une longueur de 27 m qui permet d’avoir une importante capacité pour pouvoir transporter les passagers. Avec les moteurs que nous avons, il était important qu’on puisse aller jusqu’à 200 passagers plutôt que de rester à 100. A travers la livraison que nous allons recevoir en mai, quand on les additionne, c’est en moyenne 200 places par bateau sur ces 9 bateaux qui vont arriver. Ce sera 1800 places sur un trajet. Ce qui va nous permettre de transporter le maximum de passagers en peu de temps.

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