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LE CHÔMAGE DES JEUNES, CETTE BOMBE À RETARDEMENT

LE CHÔMAGE DES JEUNES, CETTE BOMBE À RETARDEMENT

Près du tiers de l’espace de cette édition est consacré à une thématique ardue, lancinante : l’emploi des jeunes. Bien que la problématique soit en réalité transversale, nous avons choisi de donner la parole au ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Emploi des jeunes, et du Service civique, M. Sidi Tiémoko Touré, chargé

Près du tiers de l’espace de cette édition est consacré à une thématique ardue, lancinante : l’emploi des jeunes. Bien que la problématique soit en réalité transversale, nous avons choisi de donner la parole au ministre de la Promotion de la jeunesse, de l’Emploi des jeunes, et du Service civique, M. Sidi Tiémoko Touré, chargé spécifiquement, au sein du gouvernement ivoirien, de dérouler la politique nationale en la matière. Sur le terrain, le ministre et ses équipes s’activent pour trouver des solutions novatrices au chômage des jeunes, devenu endémique. Plusieurs actions ont d’ores et déjà été menées, avec des résultats encourageants, comme nous l’a expliqué M. Touré. Il faut s’en féliciter, tout en reconnaissant-avec lui, du reste- que le chemin reste encore long. Les taux importants de chômage ou de sous-emploi des jeunes restent préoccupants, pas seulement en Côte d’Ivoire, le phénomène étant quasi universel. En Afrique, toutefois, ils apparaissent davantage inquiétants, quand l’on les corrèle à la croissance démographique toujours importante et à la faible compétitivité des économies continentales certes en phase de croissance relativement forte, mais peu créatrices d’emplois. Sans mesures urgentes pour remédier à la stagnation de leurs niveaux de compétitivité, les économies africaines ne créeront pas assez d’emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail, indique opportunément le Rapport sur la compétitivité en Afrique produit conjointement par le Forum économique mondial, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Ce document rendu public le 4 mai, lors du 27e Forum économique mondial sur l’Afrique, à Durban, en Afrique du Sud, combine des données de l’indice de compétitivité mondiale (ICM) du Forum économique mondial, avec des études sur les politiques en matière d’emploi et la compétitivité des villes. Y figurent également les profils de compétitivité détaillés de trente-cinq économies d’Afrique. Ces profils donnent un aperçu complet des facteurs de compétitivité pour chaque pays couvert et sont utilisés par les décideurs, les responsables de stratégies commerciales, les principaux acteurs et tous ceux qui s’intéressent à la région, indiquent ses rédacteurs. C’est dire si ce rapport est intéressant et mérite que l’on s’y attarde. Que dit-il ? Quelques vérités, dont celles-ci. Premièrement, pour les dirigeants africains, déjà confrontés à un ramollissement de la croissance économique, le problème est encore aiguisé par l’expansion démographique rapide, qui devrait voir la population active augmenter de 450 millions de personnes au cours des deux prochaines décennies. En l’état des politiques actuelles, fait savoir le rapport, seuls 100 millions d’emplois pourraient véritablement voir le jour au cours de cette période. Deuxièmement, que la capacité des économies de l’Afrique subsaharienne à générer assez d’emplois pour leur population jeune et croissante dépend du succès de la mise en oeuvre de réformes urgentes pour stimuler la productivité. Parmi les priorités en matière de politiques figurent, selon le document, les réformes destinées à améliorer la qualité des institutions, des infrastructures, des compétences et l’adoption des nouvelles technologies. La construction de logements et une planification urbaine offrent la possibilité de gagner en compétitivité à court terme. Pour changer radicalement la donne en Afrique s’agissant de l’emploi des jeunes, il faut changer de politiques, les anciennes recettes ne tenant plus la route dans un monde en mutation, où les modes de travail eux-mêmes se trouvent bouleversés, avec une disparition programmée de nombreux types d’emplois encore prégnants sur le continent, du fait de l’automatisation. Il faut anticiper. Et vite, car l’arrivée massive, sur le marché du travail, de millions de jeunes que l’état actuel des économies ne pourra pas satisfaire, constitue une véritable bombe à retardement. Les possibilités économiques réduites peuvent aussi alimenter les conflits et l’instabilité, indique un document de la Banque africaine de développement, qui précise : 40 % des personnes qui se joignent à des mouvements rebelles dans le monde entier le font, faute d’emplois. Elles poussent aussi les populations africaines à l’exode. En 2015, le pourcentage de migrants internationaux nés en Afrique était de 14 %. Le chômage des jeunes traduit, pardessus tout, l’incapacité à tirer parti de l’un des plus grands atouts du continent: sa population nombreuse et croissante de jeunes pleins de talents. Au milieu de la grisaille, un point positif : le chômage des jeunes est loin d’êtreune fatalité. De bonnes politiques peuvent le circonscrire, à défaut de l’annihiler.

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