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‘‘COMMENT NOUS REFINANÇONS L’HABITAT’’ – CHRISTIAN N. D. AGOSSA, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA CAISSE RÉGIONALE DE REFINANCEMENT HYPOTHÉCAIRE (CRRH)

‘‘COMMENT NOUS REFINANÇONS L’HABITAT’’ – CHRISTIAN N. D. AGOSSA, DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA CAISSE RÉGIONALE DE REFINANCEMENT HYPOTHÉCAIRE (CRRH)

Le manager de la caisse spécialisée dans le refinancement de l’habitat dans la sous-région parle de spécificité de sa structure et son monde opératoire. Dites-nous la mission assignée à votre institution financière ? La vocation de cette caisse est d’emprunter des ressources longues sur les marchés financiers ou auprès des partenaires au développement pour les mettre

Le manager de la caisse spécialisée dans le refinancement de l’habitat dans la sous-région parle de spécificité de sa structure et son monde opératoire.

Dites-nous la mission assignée à votre institution financière ?

La vocation de cette caisse est d’emprunter des ressources longues sur les marchés financiers ou auprès des partenaires au développement pour les mettre à la disposition des banques de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) afin qu’elles puissent mieux financer l’habitat. C’est-à-dire offrir des prêts immobiliers sur de longues durées et à des taux plus compétitifs en faveur des ménages qui veulent acquérir des logements à des
conditions décentes.

Quelles sont alors les conditions d’accès pour les banques ?

Il faut que l’institution bancaire soit actionnaire à la Caisse régionale de refinancement hypothécaire (Crrh). Ce qui s’explique par le fait que nous ne faisons pas de différence particulière entre les banques qui sollicitent nos fonds. Nous appliquons alors le même taux de 1% à toutes les institutions bancaires qui se refinancent auprès de nous. Lorsque la Caisse octroie un prêt de 1 milliard F Cfa sur 10 à 15 ans à une banque en Côte d’Ivoire ou ailleurs, elle prend 1% comme commission de service.
C’est-à-dire 10 millions F Cfa. Cela n’est pas cher comme charge à supporter par nos banques. Quitte à elles de réajuster progressivement le niveau de leur apport en capital. Parce que nous vivons de revenus de placements de nos fonds propres. Cela nous évite d’imposer des charges d’intérêts aux banques. Et l’objectif n’est pas de faire le maximum de profits sur nos partenaires. Il s’agit d’avoir une structure qui puisse vivre en équilibrant ses charges et permettre aux banques d’avoir de façon récurrente des ressources de longue durée. Ce qui leur permet d’apporter des financements appropriées aux populations d’avoir des logements dans le temps à des couts très raisonnables.

Quel est l’avantage de recourir à votre Caisse ?

Lorsqu’une banque dispose de ressources à rembourser sur 10 à 15 ans, elle a la possibilité de faire des prêts de 10 ans et plus. Or, si elle ne prenait que ces dépôts pour faire des prêts, la banque serait obligée de faire la tarification du cout de la transformation. Parce que les dépôts des clients peuvent être retirés par leurs propriétaires en tout temps. Les banques sont alors plus à l’aise avec notre Caisse de refinancement.

”La vocation de cette caisse est d’emprunter des ressources longues pour mieux financer l’habitat”

Quelle est la fourchette de vos financements ?

Ce que nous demandons aux banquiers est de nous apporter les garanties des prêts sollicités. Il s’agit du portefeuille de prêts à l’habitat qui obéi à un certain nombre de conditions. Par exemple, l’immeuble à acheter a fait l’objet d’une évaluation prudente et non spéculative; le bénéficiaire dispose d’une assurance-vie ; etc. Si les bénéficiaires sont solvables et désirent effectivement acquérir des terrains ou des logements, nous faisons les décaissements nécessaires. Ce qui fait que la Caisse n’a pas de limite dans ses financements. Nous avons prêté plus de 10 milliards F Cfa à certaines banques. Et la Caisse a un encours de 20 milliards sur d’autres banques. Nous avons déjà injecté plus de 132 milliards F Cfa sur le marché bancaire. Ce qui devrait atteindre les 224 milliards à la fin de cette année au profit de 35 banques de l’Uemoa. Mais, la Caisse fait avant tout une analyse financière sur la capacité des banques à emprunter.

”Lorsque la Caisse octroie un prêt de 1 milliard F Cfa, elle prend 1% comme commission de service”

Les banques ivoiriennes ont-elles suffisamment recours à vos ressources ? La Côte d’Ivoire est notre première destination. Les banques ivoiriennes se refinancent beaucoup chez nous. Et il y a peu de banques de ce pays qui ne sont pas actionnaires chez nous. Trois à quatre au maximum.

Mais, ces banques ne financement pas suffisamment l’habitat ici ?

En tout cas, nous voyons que les banques ivoiriennes se comportent bien dans nos livres. Il faut maintenant s’assurer que ceux qui demandent des prêts sont en situation financière crédible et solvable avec l’historique nécessaire permettant à une banque de prendre des risques eux.

Et comment voyez-vous les perspectives du marché de l’habitat ?

C’est un marché très porteur qui est une source importante d’investissements. A la condition que les pouvoirs publics jouent effectivement leur rôle de la modernisation de la gestion foncière, délivre les titres
fonciers pour que la vente des hypothèques soit dans des délais raisonnables, etc. Il faut aussi que la fiscalité
soit revue pour qu’elle devienne des plus incitative. Sans oublier que les Etats doivent s’engager dans des programmes de logements économiques et sociaux qui soient soutenables et supportables par les populations à
faible revenu. Cette soutenabilité nous a amené à conclure avec la Banque mondiale, le 20 septembre 2018 à Abidjan, le projet régional Uemoa pour la promotion de l’habitat abordable. Une partie prend en compte l’assistance technique auprès des Etats pour la modernisation de la gestion foncière, la promotion des meilleurs modèles de logements sociaux, etc. L’autre partie qui implique le refinancement devrait permettre aux populations d’acquérir 50 000 logements dans l’espace Uemoa. Mais, le volume total de logements qui pourrait être construit dépendra du volontarisme des Etats et de leurs investissements.

“La Côte d’Ivoire est notre première destination. Et les banques locales se refinancent beaucoup chez nous”

 

ENTRETIEN DIRIGÉ PAR GUY-ASSANE YAPY. PHOTO : SÉBASTIEN KOUASSI

 

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